Tu enseignes le français à l’étranger ou en France. Tu as peut-être la chance de donner des cours de FLE en Espagne, en Angleterre ou au Japon. Que tu t’adresses à des débutants ou à des apprenants plus avancés, la question de l’utilisation de la langue cible, donc le français, est souvent au centre de tes interrogations. C’est tout à fait normal et c’est une problématique qui n’est pas si simple à résoudre. Dans cet article, je te donne mon point de vue qui t’aidera, je l’espère à savoir quelle est la langue à utiliser en cours de FLE.

La langue à utiliser en cours de FLE : quelques définitions

La langue source

La langue source est une langue que l’apprenant maîtrise déjà. Elle peut être sa langue maternelle, ou une autre langue dans laquelle il se sent à l’aise. C’est le cas d’une personne parlant un anglais bilingue, par exemple. 

La langue cible

La langue cible est celle que l’on souhaite apprendre ou enseigner. En cours de FLE, la langue cible est le français.

La langue médiatrice

La langue médiatrice est la langue utilisée par l’enseignant pour l’enseignement du FLE en classe. Plus simplement, la langue médiatrice est ici la langue d’enseignement. 

L’enseignement en langue cible uniquement

J’ai pratiquement toujours enseigné le français en français même aux débutants.

Pense aux bébés qui acquièrent une langue sans comprendre leur environnement. À force de répétition, ils apprennent le français en contexte. Ils comprennent le sens des mots et commencent à la parler alors que la langue leur est inconnue. C’est pareil pour nos apprenants. 

  • Le bain linguistique

L’avantage d’enseigner dans la langue cible, donc en français si tu enseignes le français, c’est ce « bain linguistique » dans lequel va s’immerger ton apprenant (comme le cas du bébé évoqué plus tôt).

  • La répétition

Je peux t’assurer qu’à force de rituels, de répétition et de motivation, les enfants comprennent tout ce qu’on leur dit à la fin de l’année.

C’est à force de répéter que ton élève va acquérir certains mécanismes, car on le sait, c’est la pratique qui permet de se perfectionner.

⏩ Tu peux lire également l’article : Enseigner le FLE à des enfants : comment faire ? 

  • Le travail de l’oreille

Plus on travaille son oreille, plus on s’habitue à entendre une langue étrangère et plus il devient facile de la comprendre. En plus de la répétition, le prof fait parfois appel à d’autres voies de communication que les mots pour faire comprendre telle ou telle chose. 

  • Les langues proches et familières

Ce sera plus facile de mémoriser les mots (grâce aux « similitudes » des sons) pour un Espagnol apprenant le français que pour un Japonais.

L’Espagnol pourra facilement reconnaître des termes qui ressemblent à l’espagnol (mots transparents).

Il sera peut-être plus à l’aise avec la grammaire et la conjugaison contrairement au Japonais qui nage en terrain complètement inconnu et qui n’a aucune référence par rapport à sa langue maternelle. 

  • Les classes multiculturelles

Enseigner dans la langue cible est également la technique qu’utilisent les profs des classes multiculturelles, regroupant immigrés, étudiants étrangers et travailleurs expatriés (entre autres).

Chaque apprenant de ces classes provient d’un pays particulier. Il est évidemment impossible pour l’enseignant de recourir à une langue maternelle commune dans sa classe de FLE.

Personnellement je suis pour l’immersion totale. C’est de cette façon que j’ai toujours enseigné, mais aussi que j’ai appris les langues que je parle à présent.

Un des principaux atouts de l’utilisation de la langue cible comme langue médiatrice en cours de FLE est qu’elle permet (je l’expliquais plus haut) de « former l’oreille » de nos étudiants.

C’est en écoutant une langue que l’on peut « se former » à ses sons. On découvre la variété de ses rythmes, de ses sonorités, des accentuations et intonations.

L’élève apprend à en discerner, petit à petit, des mots, des expressions, etc. Il est capable peu à peu de construire du sens pour comprendre un discours en langue étrangère

Et comme souvent, c’est la pratique qui permet de se perfectionner. Plus on travaille son oreille à une langue étrangère, plus il devient facile de la comprendre.

Il en découle évidemment qu’un enseignement du FLE en langue cible donne un avantage certain aux apprenants pour la compréhension orale. 

Néanmoins, ça limite aussi l’apprentissage et l’enseignement. Pour cette raison, beaucoup de profs ne se limitent pas à cette façon d’enseigner.

Ils préfèrent recourir à la langue source des élèves. Ils utilisent aussi une langue médiatrice comprise par le groupe ou l’élève en question.

Les cours de FLE dans 2 langues

Personnellement j’ai déjà eu recours à la traduction pour des niveaux plus avancés. Quand je connaissais parfaitement la langue maternelle de mon apprenant et quand j’étais en cours particulier.

⏩ Découvre également l’article : Enseigner le français à des étrangers : Mes conseils

Ce serait très compliqué de faire ça face à une classe multiculturelle.

Je trouve que parfois, faire le pont entre les 2 langues, permet de rassurer notre élève, mais aussi de lui donner des outils différents.

Tout le monde n’apprend pas de la même manière et chacun à un rythme qui lui est propre

Je parlais plus tôt du « bain linguistique »  dans lequel sont les bébés qui apprennent leur langue maternelle, mais soulignons qu’ils y sont 24h/24, contrairement à nos apprenants. 

Certains étudiants seraient très mal à l’aise dans un cours où l’on n’a pas recours à sa langue maternelle et où tout se fait en langue cible. Je dirais que cela dépend beaucoup de la personnalité de l’élève ainsi que de son passé d’apprenant de langues étrangères.

Je pense aussi que cette façon de faire est plus facile à mettre en place en cours particuliers qu’en groupe. Certains peuvent penser qu’en utilisant la langue maternelle de l’étudiant on interfère dans son apprentissage.

On peut penser que c’est parfois une perte de temps, mais à mon avis cela dépend vraiment de la personnalité de l’apprenant qui se trouve en face de nous.

Pour conclure, il n’y a pas de recette magique, il faut faire en fonction de soi, mais aussi en fonction de nos élèves. Ne pas se fermer à une seule façon de faire me semble sage puisque l’adaptabilité en classe est une des nombreuses qualités que doit avoir un enseignant de langue. 

Une classe n’est pas un environnement uniforme, figé. Elle est vivante, diversifiée. Elle évolue. Il lui faut donc un enseignant capable de s’adapter à ses besoins. Il doit choisir les pratiques qui lui conviennent le mieux et qui conviennent le mieux aux étudiants.

Ce choix d’une ou de plusieurs langues médiatrices en classe de FLE n’est donc pas anodin !

On est arrivé au terme de cet article sur le thème de la langue à utiliser en cours de FLE. Si tu n’es pas encore abonné à ma newsletter, je t’invite à me rejoindre au plus vite ! Tu recevras de nombreux conseils sur le métier de professeur indépendant.

Prends soin de toi,

Charlène

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